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Les Intranquillités de Mohamed El Baz

Date de rédaction : 15/11/2012


Attention ! Les informations reprises dans cet article ne sont peut-être plus d'actualité.

Le B.P.S.22 - Espace de création contemporaine de la Province de Hainaut - propose, jusqu’au 16 décembre, "Intranquillités", une exposition qui regroupe, sur une idée originale de Charles-Olivier Gohy, les œuvres de trois artistes issus de la diaspora marocaine : Charif Benhelima, Mohamed El Baz et mounir fatmi.

Cette semaine, portrait de Mohamed El Baz.

Né en 1967, à El Ksiba, au Maroc, l’artiste et sa famille rejoignent, huit ans plus tard, son père parti s’installer auparavant en France. Aujourd'hui, il travaille entre Lille et Casablanca. Son identité double le pousse très vite à s’interroger sur les questions de frontières et d’appartenance, à s’intéresser à tout ce qui contribue à ériger des barrières entre les individus.

"Depuis 1993, il développe une sorte d’oeuvre d’art totale à laquelle il consacre entièrement sa pratique artistique et dont chaque projet est un déploiement nouveau. Intitulée “Bricoler l’incurable”, cette oeuvre porte en elle une résonance fataliste, voire pessimiste : nous sommes confrontés à une réalité “inguérissable” ! L’artiste explique ce qui a déclenché cette quête : "Au début, je voulais faire de l’art pour réparer quelque chose. On sait que quelque chose dans le monde, dans l’Histoire est inguérissable ou incurable, mais rien ne se répare vraiment, le monde ne devient pas plus juste". Mais il ne se contente pas de ce constat amer, au contraire, chaque œuvre produite devient un détail de son vaste projet au travers duquel il tente d’exorciser cette dure réalité" confie Pierre-Olivier Rollin, directeur du B.P.S.22.

Ses installations (photographies, peintures, vidéos, néons, etc.) puisent dans des cultures diverses qu’il allie pour créer de nouvelles combinaisons. Interpellant notre rôle de spectateur de l’actualité mondiale, Mohamed El Baz propose avec ses installations, au climat parfois tendu, une vision du monde et des "espaces de possibles".

Focus sur "Niquer la mort, Fuck the Death", 2012 - Installation évolutive


Cette installation est composée d’une série de tapis marocains en laine colorée, juxtaposés les uns à côté des autres, que des acteurs ont rasés partiellement avec des tondeuses de coiffeur lors du vernissage. Le son des tondeuses est enregistré en live et diffusé durant toute la durée de l’exposition par des haut-parleurs posés sur les tapis. Les amas de laine coupée font partie de l’installation comme les traces fragmentaires d’un processus plus large, toujours en cours d’accomplissement.

L’œuvre brasse ainsi un ensemble de signes et de références qui constituent une sorte de maelstrom au sein duquel le visiteur est submergé, incapable de trouver des repères stables et univoques. Ainsi, les tapis de laine évoquent la culture marocaine dont ils sont l’un des éléments caractéristiques, voire stéréotypés, comme l’est le thé par exemple. A tout le moins pour un Européen. Mais n’est-ce pas un fantasme ? Une sorte de cliché exotique ? Et, à l’heure de la mondialisation économique, ces tapis sont-ils toujours produits au Maroc ? Si pas, quelle signification peuvent-ils prendre ? Et que peut signifier la tonte ? Le mot peut évoquer la soumission, comme dans l’expression "être tondu comme un mouton". Avec ces questions, l’artiste ne suggère-t-il pas qu’il refuse les assignations identitaires stéréotypées, pour privilégier l’identité comme construction individuelle, redéfinie en permanence ?

Cocktails Molotov, 2012-11-13


Sur vingt-cinq étagères de bar sont posées des bouteilles de bières belges, dont l’étiquette reprend le nom d’un artiste belge ou apparenté dont s’échappe par le goulot un tissu semblable à une mèche.
L’œuvre est une réflexion sur le rôle de l’artiste dans le monde : si celui- ci doit contribuer à "bricoler l’incurable", c’est-à-dire à essayer d’améliorer, voire de changer le monde, en a-t-il seulement les moyens ? Quelle est la puissance du cocktail Molotov qu’il est potentiellement ?

Infos

B.P.S.22 - Espace de création contemporaine de la Province de Hainaut
Boulevard Solvay, 22 à 6000 Charleroi
Tél. : 071/27.29.71
bps22.hainaut.be

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date mise à jour : 15-11-2012, s'identifier