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Prévention contre les prédateurs du Net

Actualités provinciales

Prévention contre les prédateurs du Net

Sharenting, sextorsion, deepnudes... Comment éviter d'être piégé et victime? La prudence s'apprend à l'école et à la maison. Même si les téléphones sont désormais interdits dans l'enceinte scolaire, les écoles relaient les campagnes d'information.

Comme elles le font pour la prévention Sida, le harcèlement scolaire, le tabac, la contraception, l'alimentation équilibrée, les écoles préviennent des dérives du Net, pour se protéger des arnaques diverses et repérer les modes opératoires des prédateurs.

On encourage aussi l'apprentissage de l'esprit critique et la confiance en soi. Conscientiser, c'est de la prévention et c'est une protection.

Dans notre quotidien hyperconnecté, de nombreux pédoprédateurs s’organisent sur Facebook, Snapchat, Instagram ou encore TikTok afin de pénétrer dans l’intimité des enfants et des ados.

"Dès leur retour à la maison, les jeunes communiquent sur des groupes de copains sur Whatsapp et Messenger. Outre le harcèlement via les réseaux, à l'école ou à la maison, il faut être attentif aux arnaques en tous genres, mais surtout à la pédophilie", alerte la Police fédérale qui rappelle des conseils de base, communiqués lors de sa campagne de prévention estivale à propos du "sharenting". (photo de la campagne)

Association de « sharing » et « parenting», le « sharenting» consiste à partager des photos ou vidéos de vos enfants mineurs sur les réseaux sociaux. Si la pratique vient d’une bonne intention et notamment celle de montrer à la famille et aux amis combien les enfants grandissent, elle n’est pas sans risque. 

"Nous recommandons de privilégier les discussions privées pour le partage de photos. Et même dans ces cas-là, le risque zéro n’existe pas. Les photos Whatsapp peuvent ainsi s’enregistrer dans les téléphones de vos contacts. Et quid en cas de perte de l’appareil ou de piratage des données ?", insiste la Police fédérale. 

Mieux vaut cacher le visage à l’aide d’un émoji, ou publier des photos de votre enfant de dos.

De façon générale, une personne ne peut théoriquement pas repartager une photo ou une vidéo sans le consentement de la personne concernée. «Même si la photo a été publiée sur un profil public, cela ne vous donne pas le droit de la diffuser ailleurs. N’hésitez donc pas à faire valoir votre droit à l’image si vous n’êtes pas d’accord avec une republication», rappelle Infor Jeunes.  

Child Forcus alerte contre "la sextorsion".

Les jeunes sont amenés à faire la connaissance de nouvelles personnes en ligne. La plupart du temps, cela se passe bien, mais pas toujours. Une autre réalité peut se cacher derrière ce type de rencontre: la sextorsion ou le chantage sexuel, une arnaque où de faux comptes sont utilisés pour pousser les jeunes à envoyer des images intimes et leur soutirer de l’argent.

Etonnement, ce sont surtout les garçons qui en deviennent victimes. Cette année, Child Focus a déjà ouvert plus de 350 dossiers liés à cette problématique - une hausse alarmante de 130% par rapport à l’an dernier.

Attention aux "deepnudes"

A ces risques s’ajoutent également ceux liés à l’intelligence artificielle. En effet, les enfants pourraient voir leur image modifiée à des fins criminelles…  

Les "deepnudes" sont des images ou des vidéos à caractère sexuel créées à l’aide de l’intelligence artificielle, elles peuvent être partiellement ou complètement falsifiées.

La réalisation de "deepnudes" de mineurs ou d'adultes sans leur consentement est punissable.

Parler des modes opératoires des prédateurs du Net

Afin de ne pas être repéré, l’auteur va interagir avec ses victimes sur des plateformes en ligne très fréquentées par les enfants et les adolescents.

Certaines photos peuvent donner de nombreuses indications sur les hobbys, les habitudes, les lieux fréquentés.

"Les pédoprédateurs infiltrent les réseaux sociaux, mais aussi les jeux en ligne. Ils piratent des photos de profil de jeunes utilisateurs et se font passer pour eux. Ils ciblent souvent des enfants qui montrent une certaine détresse et peu de confiance en soi. Ils parlent le langage des jeunes.

Ils sont superficiellement charmants et installent un climat de confiance avec leurs victimes. Ils se montrent très attentifs, à l’écoute, s’identifient aux difficultés de vie du jeune, lui montrent beaucoup de compréhension et d’intérêt pour ce qui lui arrive, ce qu’il aime.

La face cachée est bien plus sombre, car derrière ce mode de communication, s’opère un phénomène de dépersonnalisation, accentué par le mode numérique, où l’enfant est considéré comme un objet qui n’a pour seule utilité que de satisfaire leurs désirs.", indique la Police fédérale.


Une fois la relation installée, ils se montrent manipulateurs et dans la domination, ils peuvent demander des faveurs sexuelles (envoi de photos, de vidéo), parfois en échange de cadeaux ou à la suite d’un chantage affectif.

Les jeunes plus fragiles, en manque de reconnaissance, se laissent dès lors, facilement submerger par leurs émotions et sont dupés.

Victime, que faire ?

Être victime d'un abus d'images sexuelles peut entraîner un état de stress post-traumatique, des troubles anxieux, une dépression, une perte de confiance en soi et des idées noires. Les élèves peuvent contacter le Centre PMS de la zone de leur école pour avoir un accompagnement psychologique et des conseils gratuits.

Si vous constatez un fait ou en êtes victime, n’hésitez jamais à le déclarer à votre zone de police. Si cela concerne des mineurs, prenez contact avec Child Focus qui met notamment à disposition une page dédiée aux violences sexuelles visant les enfants et les jeunes.  

Les victimes mineures de "deepnudes" et leurs proches peuvent contacter Child Focus via le numéro gratuit 116 000, disponible 24h/24 et 7j/7. Child Focus vous informera et vous orientera éventuellement vers une aide spécialisée ou vers la police.

Child Focus traite ces cas de la même façon que les autres cas d'exploitation sexuelle et, en tant que «signaleur de confiance», peut faire appel à des contacts privilégiés avec la plupart des principaux canaux de médias sociaux tels que Facebook/Instagram, Google/YouTube, X, TikTok, Discord et Snapchat pour mettre ces images hors ligne plus rapidement.

L'éducation aux dangers des réseaux, c'est une responsabilité publique. Et cela s'apprend à tout âge; les adultes sont également victimes d'arnaques en tout genre.